S'intégrer à un nouveau pays représente un grand défi pour les personnes qui prennent le chemin de l'immigration. Pour les adultes ayant une déficience intellectuelle et qui ne maîtrisent pas la langue du pays d'accueil, le défi est encore plus important. Leur intégration se voit facilement compromise à cause de la barrière linguistique et culturelle qui s'ajoute aux limitations dues à la déficience intellectuelle.
Ne pas parler la langue du pays où l'on vit signifie être coupé de tout contact direct avec ce qui devrait être son milieu de vie; cela veut aussi dire ne pas pouvoir accéder aux programmes et services, et être coupé aussi de l'interaction avec ses pairs, donc de la socialisation nécessaire au bien-être affectif. Cette barrière linguistique mène donc à la marginalisation, à des limitations au niveau du développement de ses capacités, et à l’isolement.
Les personnes adultes des communautés ethnoculturelles ayant une déficience intellectuelle risquent, en effet, de voir leur vie réduite à l'entourage familial. Ce même entourage qui, parfois, par sa perception de la déficience intellectuelle, deviendra un autre obstacle à leur développement et à leur intégration dans la société d'accueil.
En 1993, il n’existait aucun service d’apprentissage linguistique adapté aux besoins des adultes d’origine ethnoculturelle ayant une déficience intellectuelle. Après de nombreuses démarches auprès de différentes instances et organismes, qui n'ont pas donné de résultats positifs, vu que le besoin étaiat réel, l’Association a pris la décision de pallier elle-même à cette grande lacune dans les services.
Avec très peu de moyens, elle a initié le cours «Alpha langue», auquel participaient sept personnes de cinq pays d'origine différents. Les résultats de cette première expérience se firent immédiatement ressentir. En janvier 1994, le nombre d'étudiants était passé à dix. Le contact régulier avec eux a mis en évidence le fait que le besoin des étudiants allait au delà de l'acquisition de la langue et touchait aussi l'aspect de socialisation et de développement culturel. Bien que la vocation première d’«Alpha langue» était axée sur l'alphabétisation, «Alpha langue» s'est ensuite orienté vers un programme d'intégration sociale où l'apprentissage linguistique devenait un moyen d’atteindre l'ensemble des objectifs pour devenir « Le français pour l’intégration sociale ».
Aujourd'hui, l'Association multi-ethnique offre le programme « Je découvre : ma nouvelle langue, mon nouveau pays, moi-même… » qui comprend deux volets : 1) Le français pour l’intégration sociale et 2) Ateliers d'expression artistique.* Environ 30 personnes participent régulièrement à ces activités pédagogiques. Les participants sont divisés en deux groupes, selon qu'ils aient été scolarisés dans leur langue d'origine ou qu'ils présentent une déficience moyenne ou qu'ils soient analphabètes.
Les participants sont référés par des CLSC, des centres de travail adapté, des centres de réadaptation, des organismes de services aux personnes handicapées, des organismes des communautés ethnoculturelles, et par Action main-d'œuvre. |